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Une Monarchie Populaire

January 4, 2017

Arnaud Dubus, journaliste français résidant en Thaïlande depuis 26 ans, nous explique ici ce que représente la disparition du neuvième Roi de la dynastie Chakri, Bhumiphol Adulyadej pour les Thaïlandais et les implications pour la monarchie dans le pays.

 

 

Arnaud Dubus est un journaliste français résidant en Thaïlande depuis 26 ans. Il est entre autres le Correspondant de Libération, TV5 et RFI. 
Il est aussi l'auteur de "Cambodge, La longue marche des chrétiens khmers" aux éditions CLD , "Thaïlande" aux éditions Chêne, et, dans la collection des "Guides de l'état du Monde", du guide de la Thaïlande aux éditions La Découverte

Il nous explique ici ce que représente la disparition du neuvième Roi de la dynastie Chakri, Bhumiphol Adulyadej, pour les Thaïlandais et les implications pour la monarchie dans le pays.

 

Elevé à l'horizon républicain, il est parfois difficile de rendre compte de l'attachement d'un peuple à un roi. Le cas de la Thaïlande ne fait pas exception.

 

 

Pourtant l'histoire du neuvième roi de la dynastie Chakri ne manque pas d'arguments pour expliquer cette adoration royale.

 

Tout d'abord le fait d'être l'enfant de deux esprits brillants :

  •  Son père, le Prince Mahidol fit des études dans les écoles les plus prestigieuses d'Angleterre, d'Allemagne et des Etats-Unis. Diplômé de médecine à Harvard, il sera à l'origine du développement de la médecine siamoise. Encore aujourd'hui, il est rare de trouver parmi les dirigeants thaïlandais une telle ouverture internationale. Mort prématurément en 1929, il ne verra aucun de ses fils accéder au trône. C'est, entre autres, sa qualité d'orphelin à deux ans qui rend le roi Bumiphol aussi attachant pour nombre de thaïlandais.

 

  •  Sa mère, Sangwan Thalabat, issue d'une famille pauvre, fut remarquée d'abord pour sa capacité à lire, fait rare à l'époque. Elle suivra des études d'infirmière avant d'obtenir une bourse pour étudier aux Etats-Unis. C'est au cours de ces études qu'elle rencontrera le Prince Mahidol et lui donnera trois enfants, nés dans trois pays différents. Veuve à 29 ans, elle élevera seule ses enfants en Suisse. A 46 ans,  elle assistera, impuissante, à la mort tragique de son fils Ananda devenu roi, onze ans plus tôt. Après l'accesssion de son fils Bumiphol au trône de Thaïlande, elle se retirera dans le nord du pays pour aider les paysans thaîlandais impliqués dans le trafic de drogue à se reconvertir avec succès dans la culture du thé et du café. Aujourd'hui encore, peu de dirigeants thaïlandais se sont autant souciés du sort des paysans pauvres du royaume. C'est aussi cette éducation roturière, en dehors des frasques du Palais, qui permettra à de nombreux thaïlandais de se reconnaître dans ce roi.

 

 

Le roi Bumiphol cultivera, tout au long de son règne, cette proximité avec les paysans thaïlandais, développant avec eux des moyens pour améliorer la productivité de leurs récoltes, loin du tumulte créé par les hommes politiques du pays. Là encore, peu de dirigeants thaïlandais, encore aujourd'hui, peuvent se réclamer de cette proximité.

 

Tout au long de son règne, du fait de sa grande connaissance de la géopolitique internationale, il préservera, grâce à de judicieuses alliances,  son pays des guerres et massacres qui furent le sort de tous les pays voisins. Mieux, il transformera la Thaïlande en un dragon d'Asie du Sud-Est, qui affichera longtemps une croissance à deux chiffres.

C'est aussi cette paix et cette extraordinaire prospérité économique qui sont à l'origine de cette gratitude extrême du peuple thaïlandais envers leur roi.

 

Dès lors, il est malheureux qu'au lieu d'enseigner ces simples faits, les dirigeants thaïlandais actuels aient recours à l'article 112 du Code Pénal, qui punit de 15 ans de prison toute personne considérée avoir manqué de respect, non pas au roi qui n'en a pas besoin, mais à l'institution monarchique.

 

A l'instar de nos lois anti-terroristes, cette loi, créée en 1908 et renforcée en 1976, sanctionne un crime sans jamais le définir...

...et surtout sans se rendre compte que c'est justement ce crime de lèse-majesté qui met en danger la monarchie.

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