Arnaud Dubus, journaliste essentiel, n’est plus

Les circonstances de la mort d’Arnaud ne sont pas encore élucidées. Dans l’urgence, certains concluront au suicide. Or, l’urgence est l’ennemie du journaliste, de la vérité aussi.

Arnaud Dubus est devenu, au cours des années, synonyme de journalisme de qualité. Son secret : dépasser la classique dichotomie entre le journaliste et l’écrivain, entre le temps qui passe et le temps qui dure. Arnaud était à la fois journaliste et écrivain.

Correspondant de presse couvrant l’Asie du Sud-Est pendant trois décennies, il en connaissait l’histoire, la culture, les langues aussi. Arnaud Dubus ne se contentait pas de lire la presse anglophone de pays qui ne le sont pas.

De l’Algérie à la Thaïlande,

combien de journalistes pressés

commettent encore aujourd’hui cette erreur fatale

et croient comprendre un pays

en lisant la presse de la bourgeoisie compradore ?

Spécialiste de la presse thaïlandaise, Arnaud Dubus participait volontiers aux Salons du Vendredi organisés à Bangkok par Français du Monde, l’Association Démocratique des Français à l’Etranger. Arnaud se passionnait des rapports entre la société et la religion.


Ici, il nous parlait du bouddhisme politique en Thaïlande :


Là, il nous éclairait sur les implications de la mort du plus grand Roi de Thaïlande :

Là encore, il essayait de comprendre avec nous l’histoire tumultueuse des trois provinces musulmanes du sud de la Thaïlande :

L’un de ses derniers livres abordait le sujet douloureux de la présence chrétienne au Cambodge :


Arnaud réunissait des qualités qu’il est bien rare de rencontrer ensemble : Erudition et humilité, Intelligence et naïveté, Profondeur et Sens de l’humour.


Il était difficile de ne pas l’aimer spontanément.


Chez lui, chaque évènement est le produit d’une histoire et de la grande Histoire. Arnaud s’évertuait à replacer toute information dans son contexte socio-historique. Grand érudit, il ne savait pas tout mais ce qu’il savait, il le savait bien, très bien même. Et il était capable de l’enseigner au travers de mots simples et explicites.


Sans être professeur, Arnaud était une leçon de journalisme permanente.


Journaliste essentiel, la vie d’Arnaud se confond avec son métier. A la fin, il est devenu lui-même une information, au service de ses confrères.


Libre à eux aujourd’hui de relever ce défi de qualité...

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« On n’est véritablement morte que quand on n’est plus aimée » écrivait le poète impeccable, auteur de Gisèle

 

Aujourd’hui, ne dites pas « Gisèle Halimi est morte »

 

Gisèle ne peut pas mourir, c’est tout simplement impossible

 

Tunisienne, libre et indépendante, avant même que la Tunisie le soit.

 

Française, même lorsque les gouvernements français trahissaient les idéaux de la république

 

Algérienne d’abord, de cœur et de combat, ce qui est la seule manière d’être algérien, 

 

Gisèle a montré que l’on peut être socialiste sans détester les arabes ni les musulmans.

 

Gisèle a été Djamila,

 

Gisèle a été Marie-Claire,

 

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Devenue willi, nymphe méridionale qui danse même après la mort,

 

l’avocate Gisèle Halimi est aujourd’hui condamnée à inspirer éternellement l’amour et rendre tous les combats plus beaux.

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