Le piège du racisme dans la police

Au commencement étaient les violences policières. Évidentes, injustifiables et donc niées. Alors il s’est agi de diviser les victimes. Et la lutte pour les droits civiques est devenue la lutte contre le racisme. Et la lutte des classes est devenue la lutte contre l’échelon le plus bas de la classe dominante : les policiers.

D’abord commençons par régler le problème du racisme dans la police.

Le racisme n’est pas illégal en France.

Sortez dans la rue et criez « je suis raciste » et il ne vous arrivera rien.

En fait, le racisme est mal et peu défini par le droit français. Le code pénal insiste sur la discrimination. Ce n’est donc pas le racisme per se qui est interdit mais sa manifestation au travers d’une attitude ou d’un acte jugé discriminatoire.

En France, le racisme est cité dans les articles 2-1 et 694-32 du Code de Procédure pénale, l’article 332-17 du Code du Sport. L’article 226-19 du Code pénal fait mention d’origines dites « raciales ».

La discrimination relève, quant à elle, des articles 225-1, 225-2, 226-19 et 432-7 du Code Pénal.

C’est normal, le racisme est juste un mot. La lutte contre le racisme procède de la même arnaque que la lutte contre le terrorisme. Il s’agit de faire croire que l’on agit lors même que l’on ne fait absolument rien. Il y a des spécialistes de l’antiracisme, un commerce assez juteux, qui permet à un incompétent notoire de devenir ministre.

Si le racisme n’est pas illégal, l’acte raciste, lui, est interdit en droit français. Et la différence est de taille.

Ce n’est pas le racisme mais l’acte raciste qui définit le raciste. Le racisme est factuel ou il n’est pas.

Un policier est raciste quand il adopte une attitude discriminatoire dans l’exercice de ses fonctions. Le Droit français condamne toute discrimination fondée sur l’origine nationale, ethnique, raciale ou religieuse, réelle ou supposée.

Le policier raciste peut avoir, dix minutes auparavant, barrer le passage aux autos pour laisser passer les chats ; le policier raciste peut, dix minutes après, freiner à mort, de peur d’écrabouiller le hérisson perdu, le crapaud fourvoyé. Si, à l’instant t, il a adopté une attitude discriminatoire fondée sur une origine ethnique, réelle ou supposée, il commet un acte raciste.

Ce n'est pas sa nature, ni son caractère qui doit être jugé raciste, ce sont ses actes dans l'exercice de ces fonctions : le choix et la méthode lors de ses interpellations.

Ce choix et cette méthode devraient être l'objet d'une commission d'enquête parlementaire. De toute urgence.

Tout policier constatant un acte raciste, a le devoir de l’empêcher d’abord, de le dénoncer ensuite. Tout parlementaire aussi !

Il s’agit de l’article 40 du code de procédure pénale.

« Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit est tenu d'en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs. »

L’acte raciste est une discrimination.

Toute discrimination remet en cause le principe fondateur de notre république : l’égalité en droit.

La police, la gendarmerie et l’armée sont les seuls détenteurs de la violence légitime en France. L’essence même de ces corps constitués est républicaine.

De fait, un « policier raciste » est un oxymore. Il doit être suspendu dès que les faits de racisme sont avérés. Il doit être démis de ses fonctions dès sa condamnation par un tribunal indépendant et impartial lors d’un procès public, équitable, rendu dans un délai raisonnable.

Poser la question du racisme dans la police est absurde.

Elle est de plus injuste.

C’est d’ailleurs ce que démontre l’Affaire des Gendarmes de Persan, accusés d’avoir assassiné Adama Traoré.

C’est une affaire qui divise toute la société française.

Elle divise tout d’abord les journalistes qui traitent de l’information. La différence de traitement de l’affaire par Valeurs Actuelles et Médiapart ou Canal Plus est phénoménale. Pourtant personne ne pose la question du racisme dans le journalisme.

L’affaire elle-même oppose les médecins experts, censés donner un avis sur les causes du décès d’Adama Traoré. Personne ne pose la question du racisme dans la médecine. Pourtant un de ces médecins qualifiait Adama Traoré de "personne de race noire".

L’attitude des juges dans cette affaire pourrait très bien être l’objet d’une réflexion sur le racisme dans la justice. Pourtant personne ne pose la question du racisme dans la justice.

L’arnaque du racisme dans la police consiste à détourner la question des violences policières, devenue, depuis l’affaire Benalla-Crase-Mizierski, l’attribut du quinquennat Macron.

En divisant les victimes selon leur race supposée, les chiens de garde du système évite de poser la question des méthodes policières en France.

Le problème devient un échange entre des citoyens français « racisés » et leur police, pourtant elle-même composée entre autres de ces mêmes français « racisés »

Ne nous trompons pas de combat

Oui, il existe en France des Dupont-la-joie racistes, qui, entre une Suze et un Picon bière, au café du commerce déversent leur fiel sur les immigrés. Oui, il est possible que l’un de ces Dupont-la-joie soit policier. Mais, à aucun moment, ce policier raciste n’aurait le pouvoir de réquisitionner des trains pour déporter des compatriotes vers des camps de la mort.

Lorsque la police de la France de Pétain a déporté des compatriotes vers des camps de la mort, elle l’a fait de manière légale. Ce même Pétain que Macron voulait réhabiliter.

Et puisque l'on parle de président de la république, lorsque François Hollande décide d'envoyer nos services assassiner des citoyens français, ce qu'il n'a jamais démenti, quelle était l'origine ethnique probable de ces français ? Personne ne s'est posé la question du racisme au plus haut niveau de l'état français. Et bien non, puisque c'est légal.

Alors si la question absurde du racisme en France doit être posée, elle doit être posée aux véritables dépositaires de l'autorité publique, celles et ceux qui font les lois.

La question n’est donc plus de savoir s'il existe du racisme dans la police française, mais s’il y a du racisme à l’Assemblée nationale, au Sénat et au gouvernement, les véritables responsables si, comme dit Castaner, le soupçon est avéré.

Un policier agit toujours sur ordre.

Featured Posts
no-posts-feed.on-the-way
no-posts-feed.stay-tuned
Recent Posts

« On n’est véritablement morte que quand on n’est plus aimée » écrivait le poète impeccable, auteur de Gisèle

 

Aujourd’hui, ne dites pas « Gisèle Halimi est morte »

 

Gisèle ne peut pas mourir, c’est tout simplement impossible

 

Tunisienne, libre et indépendante, avant même que la Tunisie le soit.

 

Française, même lorsque les gouvernements français trahissaient les idéaux de la république

 

Algérienne d’abord, de cœur et de combat, ce qui est la seule manière d’être algérien, 

 

Gisèle a montré que l’on peut être socialiste sans détester les arabes ni les musulmans.

 

Gisèle a été Djamila,

 

Gisèle a été Marie-Claire,

 

ses combats l’ont rendue immortelle.

 

Oui, une femme magnifique s’en est allée, nous n’entendrons plus sa voix douce et sonore ; 

 

Devenue willi, nymphe méridionale qui danse même après la mort,

 

l’avocate Gisèle Halimi est aujourd’hui condamnée à inspirer éternellement l’amour et rendre tous les combats plus beaux.

Archive
Search By Tags
Pas encore de mots-clés.
Follow Us
  • Facebook Basic Square
  • Twitter Basic Square
  • Google+ Basic Square